Sagesse et solidarité

04/05/2009 17:00 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

Sagesse et solidarité

 

                               Tajmait n’Ath Ali Ouharzoune

    Jour ‘’J’’, moment que tout le monde appréhendait ….. , d’abord par les intéressés eux mêmes et leurs familles, puis par les personnes de bonne volonté…

 

 

     Après une revue des ‘’effectifs’’ et les dernières consignes, les hommes n’Ath Khaled et ceux n’Ath Haroun se dirigèrent vers Assif El had, non sans avoir tiré   au départ quelques coups de feu, comme pour avertir leurs adversaires …. qui ne tardèrent pas à  riposter pour signifier que, eux aussi,  étaient prêts ….

    Au village même , Aomer Ath Kaci , (qu’il repose en paix) , avec ses jumelles, suivait dès le début le déroulement des opérations … et, lorsqu’il se rendit compte  de la trop grande  supériorité  numérique  des  Ath Ighil  Bouamas , il rassembla rapidement  les hommes présents  et, tous ensemble  avec leurs fusils,  ils dévalèrent les  pentes abruptes  de notre colline vers  Assif El had …

    Tous ces  événements n’échappèrent  pas , évidemment , à la vigilance  des habitants des autres villages  qui, eux aussi , suivaient de près l’évolution de la situation … et , quand il était devenu clair  que  des hommes  allaient s’entretuer, ils n’hésitèrent pas , à se précipiter vers le champ de bataille  pour s’interposer  et puis  pour régler à l’amiable  le différent …

    L’acte de solidarité  et  de fraternité  du  clan n’Ath Kaci, apprécié à sa juste valeur, permit une réconciliation immédiate entre  tous  les enfants n’Ath Ali… On raconte  que  tout ce beau monde ,  de retour  au village , fut  accueilli  par  les ‘’youyous’’  des  femmes  des deux ex-clans .

« Veillée d’armes » chez Ath Khaled

03/05/2009 16:06 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

« Veillée d’armes »  chez Ath Khaled

 

 

 

 

                                        Photo d’une partie d’Assif El had

     L’information sur l’incident survenu au souk et ses probables conséquences s’était répandue  comme une traînée de poudre  à travers tous les villages de la région…. .

     Chez Ath Khaled et Ath Haroun, les hommes, une fois mis au courant de ce ‘’défi’’, improvisèrent,  sur  le champ,  une réunion  pour organiser  au mieux  ‘’leurs troupes’’  et pour établir un plan de bataille  …… On se mit à parler de la‘’stratégie’’à adopter,  compte tenu du déficit en hommes , …chacun y allait  de  son avis  lorsqu’un homme  demanda la parole et d’un ton  ferme et résolu rassura ses pairs : «  rassurez-vous, leur dit-il , demain  comme  prévu , vous descendrez tranquillement  selon  le  plan établi ,  vers la  rivière ….. , mais surtout  ne cherchez  pas à savoir    je serai  embusqué …. , d’ailleurs je partirai  avant l’aube  pour éviter d’être repéré …. »

     Cet homme  n’était  autre qu’Akli Ath Amrouche, un tireur d’élite connu et reconnu dans toute la région. On sortit  alors les fusils  et  les ‘’sacs’’ de cartouches  afin d’en vérifier  l’état.     A suivre 

 

 

 

«Histoires » du village

02/05/2009 16:35 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

«Histoires » du village

 

                                    Village d’Ighil Bouamas , vu d’Ath Ali

  D’après mes recoupements,  l’histoire que nous allons raconter aujourd’hui, a eu lieu durant les années 1930 (?). A cette époque le Caïd s’appelait  Aomer Ath Kaci et le village, encore une fois, était divisé en deux clans, Ath Khaled et Ath Haroun d’un coté et le reste n’Ath Ali de l’autre. Evidemment  les habitants  des hameaux  alentour  et particulièrement (c’est important pour l’histoire) ceux d’Ighil Bouamas, étaient au courant de cette scission ….  

  Au souk l’Djemaa, un jeune homme n’Ath Khaled s’était sérieusement accroché  avec quelqu’un d’Ighil Bouamas, pour une sombre histoire commerciale …. Après l’intervention de personnes  présentes sur  les lieux  pour calmer les esprits  , nos deux ‘’belligérants’’ encore fulminant  de colère… , se promirent de se retrouver , chacun avec ses hommes , le lendemain après-midi  au niveau de la rivière,  Assif  El  had, située  à mi-chemin , à peu prés , entre les deux villages  .

 S’il n’y avait pas  scission  chez  nous personne n’aurait osé entrainer les siens  dans une ‘’bataille’’ armée contre les habitants  n’Ath  Ali Ouharzoune.  A suivre 

 

 

 

 

idhebalen 3

01/05/2009 15:49 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

Idhebalene III

          

     Au village régnait un climat d’extrême tension …, les femmes, apeurées et angoissées, priaient Dieu et tous les saints de la région …. A partir de Gher Ihouna et derrière Idhebalen (la troupe traditionnelle), les hommes, armés de fusils, du clan n’Ath Kaci  se dirigèrent   résolument  vers Tizi Boughoud…… et, arrivés au niveau de la bretelle  vers Tamazirt  n’Ath  Messaoud Oumoussa….. (Grand suspense !) Alilouche, le chef de la troupe (avec peut être l’assentiment  préalable des sages) déclama ,  à l’adresse des hommes armés n’Ath Khaled,  ces vers, restés  célèbres :

                                       « Ath Khaled  ez dhande  dhe  lesdhour,

                                        Koul wa  sou  guenour  is ,

                                         Lemqahel  dhe  qfas  sene  sen,

                                         Nouqni  noussede  ghour  lafia ,

                                       Nekh  dhad  tamazirt  n’sen. »  

       « Coiffés de turbans, les hommes d’Ath Khaled  sont placés en rangs, avec des fusils entre les mains….. Nous (Idhebalen), venus pour la paix, nous leur laissons leur champ (tamazirt n’Ath Messaoud Oumoussa). »

 

 

 

 

 

 

    … Après cette sage intervention, Alilouche  entraîna  les hommes  du  clan n’Ath Kaci  vers Sidi M’hamed Larbi où la fête se déroula dans la sérénité, au grand bonheur de tout le monde.

Idhebalène II

30/04/2009 18:44 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

  • Idhebalène II

    Idhebalène II

    30/04/2009 18:44 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

      L’histoire qui va suivre remonte à très loin dans le temps, probablement au début du siècle dernier.

       A cette époque donc et depuis déjà un certain temps, Thadert était divisée en deux clans, Ath Haroun et Ath Khaled d’un coté et le reste du village de l’autre…. Ce n’était pas la guerre mais l’atmosphère était ‘’électrique’’ avec de temps à autres  de petits incidents que les sages des deux clans réglaient heureusement avec  beaucoup de lucidité…… . Et ce fut donc, dans ce climat délétère que la famille Ath Kaci décida de fêter, avec éclat, un événement heureux avec Idhebalen………………

       Remarque : d’habitude et en temps normal   Idhebaléne   se produisaient indifféremment,  soit à Gher Ihouna (la placette du village), soit à Taleghlought, ou bien encore à Thamazirth  Ath  Messaoud  Oumoussa (Taguemount) ou alors à Sidi M’hamed Larbi .

 Et pour cette fête précisément, Ath Kaci optèrent pour Thamazirth  Ath  Messaoud Oumoussa, située ‘’géographiquement’’ dans le clan opposé…. A suivre. 

Idhebalen

27/04/2009 20:23 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

  • Idhebalen

    Idhebalen

    27/04/2009 20:23 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

                                          IDHEBALEN -1-

 C’était entre 1951  et  1954, à Gher ihouna ( placette publique du village) . Qui avait fait venir Idhebalen , cette troupe traditionnelle ?  Ce dont je me souviens parfaitement, c’était la participation quasi générale de tous les hommes du village (ce qui ne fut pas toujours le cas, à cause de fréquentes divisions du village en çofs (clans)…., on y reviendra .) Donc, Idhebalen, avec leurs instruments traditionnels, Tbal et Zorna maniés avec une  adresse spectaculaire  faisaient « vibrer » pendant plusieurs jours  tout le village (sauf les femmes évidemment) ….. Occasion pour chacun de montrer ses talents de danseur et aussi pour exhiber  son fusil…. La fête battait son plein, on dansait en jouant avec les fusils….. quand, survint un accident, heureusement pas dramatique mais assez  grave tout de même, puisqu’un jeune danseur, Akli Ath Moussa, en voulant faire parler la poudre, vit son vieux pistolet (une arme très ancienne se chargeant par la bouche) lui exploser dans la main lui arrachant un doigt (retombé dans la cour de Tassirt Ath Younès au milieu des poules….)

 

 

Tabous ou superstitions ?

25/04/2009 15:56 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

  • Tabous  ou superstitions ?

    Tabous ou superstitions ?

    25/04/2009 15:56 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

                                             

 1-    La consommation de rognons : interdiction, pour les enfants de consommer des rognons, avant d’avoir subi, avec succès, une petite épreuve qui a lieu uniquement  durant les fêtes de l’Aïd el kebir.

 Tabou ou superstition ?,  toujours est-il qu’il s’agit, pour l’enfant, à partir de  l’âge  de deux à trois ans  de « voler » (et puis de manger) un morceau de rognon,   du mouton de l’Aïd, posé sur le pied de son père (ou de celui d’un parent). Il doit s’avancer lentement,  comme un chat prêt à bondir sur sa proie, de s’emparer du rognon et de répondre aux  questions :

     « - Qu’as-tu mangé ? 

 

          - Un rognon.

        - Où va-t-il repousser ?

        - Sur le tronc d’un frêne »

 Après quoi, il doit s’enfuir vite,  poursuivi  par les cris de l’assistance : assev …..assev…….assev. Cette opération doit être renouvelée sept fois (sept ans)…….

2-    Le partage du poulet : aux jeunes filles on donne les ailes pour leur permettre de « voler » et  de trouver vite un mari.

3-    La nouvelle mariée  de doit  pas  manger  de bouzelouf  (tête de mouton…) avant d’avoir « bouclé » une  année  de mariage.

     4-    …………

Tabous collectifs ,suite

24/04/2009 20:46 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

  • Tabous collectifs ,suite

    Tabous collectifs ,suite

    24/04/2009 20:46 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

Récapitulation :  

1-    interdiction d’accompagner la mariée, le jour de ses noces, chez sa belle famille.

 2-    Interdiction de faire venir au village Idhebalen (troupe traditionnelle), sauf  pour les familles Ath Kaci et Ath si Larbi.

 3-    Le tissage : pas de couleurs et pas de tapis. Cependant on pouvait teinter les vêtements  après leur  tissage.

 

  Complément d’information :

 4-    interdiction (d’après Assidu du blog) de donner le prénom de « Ferhat » aux  garçons.

 5-    Interdiction (d’après Farid)   d’inviter Iqefafen (les personnes qui viennent chercher la mariée le jour de ses noces) ou les Ima-zanes (les participants aux obsèques ….. ou  tout simplement ceux qui viennent présenter leurs condoléances .…). La restauration  de toutes ces personnes étant  à la charge des familles directement concernées  par ces événements.  A l’origine  de ce « tabou », un accident  mortel survenu dans une famille qui aurait invité  quelqu’un venu assister aux obsèques d’une personne d’une autre famille. Coïncidence  ?  Nouvelle hypothèse sur l’origine des tabous ?

 6-   Le noyer : interdiction de planter des noyers. Tout contrevenant risquerait la mort le jour où  le tronc de l’arbre planté aura atteint la grosseur de son cou.  Les seuls  noyers du village étaient plantés,  l’un  chez les Ath si Larbi  et les autres dans le jardin de l’ancienne école.

 7-    …………….. 

Lieux et arbres séculaires

22/04/2009 16:44 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

  • Lieux et arbres séculaires

    Lieux et arbres séculaires

    22/04/2009 16:44 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

                            Ahechedh ( oléastre) n'tala n'Guighil

 Compléments :

 4- Ahechadh (oléastre, olivier sauvage) et Azrou (rocher) n’Tala Guighil .  On raconte que, durant les années 1930, des gouttelettes d’eau auraient perlé à travers le tronc de cet arbre géant. Croyant, sans doute, à « un phénomène surnaturel  » certaines femmes, pendant quelques jours, s’humectaient le visage avec « cette eau magique »  tout en respectant le rituel habituel : sacrifices (des coqs), des offrandes, etc…   

 5- Ahechadh (oléastre) N’Taiissats,  du coté du quartier N’Ath Srour (à confirmer)

 6- Imaridhen, une source  avec deux petites cavités pour retenir l’eau …

 On prêtait à cette source des pouvoirs surnaturels pour redonner espoir aux jeunes femmes stériles. Pour y  accéder il fallait descendre à partir de Tamourth N’ Thala, jusqu’à la rivière  et remonter de quelques dizaines de mètres, vers les villages des Ouacifs. Avec toujours le même rituel …

 Au village, les enfants chantaient, il n’y a pas si longtemps, le refrain suivant :  « A monsieur le caropot  (l’instituteur),  ef kasse  tsri he  (autorisation)  i  Chavane,  a dhi rouh si maridhen… ».

Les tabous

18/04/2009 19:47 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

  • Les tabous

    Les tabous

    18/04/2009 19:47 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

                                                Photo du village des années 1970

  *      A  At Ali Uharzun,  comme  dans les villages de la région, quelques survivances des croyances très anciennes , comme par exemple celles liées à certains lieux ou arbres séculaires à qui on attribuait des pouvoirs surnaturels , ont longtemps existé ( ont-elles vraiment disparu ?). Voici une première liste (qu’il faudra compléter): Tala guighil, Azrou  n’Techradh, Tassaft  n’Ath  Kaki …….

  *      En plus de ces croyances et des histoires terrifiantes liées à la profanation de ces lieux (superstition ?), des interdits collectifs (qui concernent tous les habitants du village) et individuels (propres à chaque famille) existent encore  et sont surtout respectés par les anciens.

  *      On dit que ces « tabous » seraient l’œuvre de Sidi Abdelaziz (un marabout vénéré) qui a voulu punir les gens du village pour leur manque de dévotion. On dit aussi que, pour ‘’lever ces interdits’’, chaque famille se devait d’envoyer un des siens  à la Mecque.……

 1)   Les interdits collectifs (qui concernent tout le village) :

 Nos vieilles disaient : Ouchena ! pour signifier l'interdiction de faire quelque chose ..... .

 1.1)        Interdiction pour les membres de la  famille d’accompagner leur fille, le jour de ses noces, chez sa belle famille.

 1.2)         Interdiction de louer les services d’Idhebalène (troupe traditionnelle) pour animer les fêtes, exception faite  pour les familles n’Ath Kaci et n’Ath Sidi Larbi.

 1.3)         Le tissage (métier à tisser traditionnel) de couvertures (thalaouines), burnous,…etc. : seule la couleur blanche était autorisée…… Interdiction de tisser des tapis ......

Remarque : ces interdits, à caractères religieux, qui frappaient certains actes, seraient donc l'oeuvre de Marabouts. Un moyen, parmi d'autres, pour faire du prosélytisme ? ils existaient et existent encore dans tous les villages de la région, avec des variantes, ce qui nous permet de supposer que, quelque part, ces tabous étaient planifiés et faisaient partie d'une "politique"..... (simple hypothèse).