L'arbre généalogique de la famille Kardache
21/05/2009 20:01 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
L'arbre généalogique de la famille Kardache
Premier commentaire de Hamid :
1- Très bon travail qui a sûrement nécessité beaucoup d’efforts et d’heures de recherche. C’est tout simplement excellent !
2- Ce travail peut être enrichi progressivement avec les interventions de tous ceux qui détiennent des informations complémentaires : les dates de naissance et de décès, le nom des conjoints …...
Taous At Kardache (1906 - 2002) Hemama At Kardache dite Smina.jpg)
Dda Hocine At Yucef Ali
18/05/2009 16:37 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Dda Hocine At Yucef Ali
H. Yucef Ali
Dahou est le Fils de Akli Yucef Ali et de Hamama at Uhazi . Hocine que tout le monde appelait Dahou et son épouse Hamama At Amer Ouali ont eu 10 enfants et une descendance merveilleuse et très nombreuse. Orphelins très jeunes, Hocine et son frère Amrane furent élevés par leur mère Hamama at Uhazi, dans des conditions difficiles…. En 1926, les deux frères quittent leur village pour l’Est du pays, d’abord à Constantine et plus tard à Ain Fakroun…. Ensuite il y a eu la période du typhus qui a causé des désastres ; après la mort d'une de ses filles en 1936 de typhus et un fils atteint il retourne en Kabylie avec toute la famille « J’ai enterré ma fille ici je n’enterrerai pas mon fils ». Il reviendra à l’est en 1938 pour quelques années puis retourne définitivement en Kabylie jusqu'à sa mort en 1978. C’était quelqu'un qui prenait toujours les choses du bon coté, jovial, un "bon vivant" toujours de bonne humeur. Effectivement, Dahou ne voyait qu'avec un seul œil. Il en a perdu un dans un accident de machine à coudre (il était également excellent tailleur) probablement dans les années 1920 ou même avant. Il avait également un handicap au membre supérieur droit. Malgré ces deux handicaps il fut un excellent chasseur. Je garde de lui le souvenir de quelqu'un qui aimait beaucoup la Kabylie et qui n'a jamais supporté de vivre ailleurs, un grand père admirable. Allah yarhamou
2- La chasse
18/05/2009 15:56 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
2- La chasse

Une perdrix
Jusqu’en 1955, chaque famille, selon son importance, disposait d’un ou de plusieurs fusils (Abech-qidh), souvent sans permis de port d’armes. Entre la population et les gendarmes (qu’on ne voyait pas souvent dans les parages), il y avait comme une espèce de complicité tacite.
Ces fusils de calibre 12 ou 16, à deux coups, d’abord des modèles anciens (avec znadh) puis plus modernes (Thafer-dhast), ornaient, déchargés bien sûr, les murs de nos traditionnelles maisons. Les munitions, poudre noire, cartouches, capsules ou amorces, plombs, chevrotine …, étaient « en vente libre » ou du moins très faciles à acquérir.
Lorsqu’ils ne se trouvaient pas à l’Est ou à l’Ouest du pays ou ailleurs pour leurs activités commerciales, agricoles ou autres, pratiquement tous les hommes valides, après les travaux des champs, occupaient leurs temps libres à la chasse (mais il y avait aussi d’autres activités récréatives).
Evidemment chacun avait ses préférences (armes, lieux de chasse,…..) mais les professionnels eux, disposaient de chiens et certains, de perdreaux (ihiqel) élevés et utilisés en cage pour attirer par leur chant (cacabe) les perdrix. Le gibier, essentiellement des perdrix et parfois aussi des lièvres, disponible en grande quantité et d’une saveur exceptionnelle, était chassé de manière raisonnable … Les jeunes garçons et les adolescents, avec leurs pièges, « chassaient » les grives, merles, étourneaux, et d’autres petits oiseaux ... Tout le monde y trouvait son compte et chacun, à sa manière, contribuait à faire régner dans les champs, une ambiance extraordinaire… Au village tous les hommes avaient un jour ou l’autre pris un fusil pour une partie de chasse mais les plus connus d’entre eux, pour leur adresse et ou leur « professionnalisme » (avec ou sans chiens ou perdreaux « ihiqel »), furent incontestablement Akli Ath Amrouche, Dahou Ath Youcef Ali, Chaavane Ath Younes, Oussada …… (liste à compléter). Voici une histoire vraie des années 1930 : à Sedrata, un Caïd se vantait d’être un tireur émérite et imbattable … Ayant entendu parler d’un chasseur exceptionnel, en Kabylie (Akli Ath Amrouche), il le fit venir à Sedrata, à ses frais, par l’intermédiaire des gens de notre village …
Après un séjour agréable de quelques jours chez le Caïd, on décida d’organiser une partie de chasse, attendue par de nombreux curieux. Sur le terrain, que le Caïd connaissait pourtant parfaitement, Akli Ath Amrouche ne laissa aucune chance à son « adversaire » qui ne put, pas une seule fois, lever son fusil, dépassé par la rapidité et l’adresse de son invité.
On fêta « sportivement » l’événement et on combla de cadeaux notre Akli Ath Amrouche….
Le fusil, la chasse et les chasseurs
17/05/2009 15:47 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Le fusil, la chasse et les chasseurs
1- Le fusil

Fusil ancien modèle
Autrefois, dès que les parents jugeaient que leur fils était devenu un homme, ils lui offraient un fusil et envisageaient son mariage, généralement « arrangé » depuis des années (un fusil de plus, disait –on, pour la communauté et un espoir de voir " s’agrandir " la famille. N’oublions pas qu’à l’époque, l’importance d’un clan ou d’un village se mesurait au nombre de ses fusils).
Avec le temps, l’évolution des mentalités et des relations intercommunautaires, les guerres, " les guéguerres " et autres escarmouches ayant disparu, le fusil redevint une arme essentiellement de chasse… tout en restant , bien sûr , l’instrument irremplaçable pour donner plus d’ambiance aux fêtes , comme il fut , heureusement de plus en plus rarement , l’une des armes utilisées pour des règlements de comptes, espèce de vendetta, comme c’était la règle dans la plupart des pays du bassin méditerranéen, pour solder des affaires d’honneur…
La liste des familles de notre village
17/05/2009 10:09 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
La liste des familles de notre village

| N0 |
Familles |
Transcription à l’état civil |
|
1 |
At Aissa At Ahmed At El Hcine At Ukham At Mohend ouali |
Ouchérif ou Ait Cherif
|
|
2 |
At Abdelkader |
Ait Abdelkader |
|
3 |
At Ahmed Abdelkader |
Ait Abdelkader |
|
4 |
At Ahmed |
Oussaada Ait Ahmed |
|
5 |
At Amer Uali |
|
|
6 |
At Amur |
Ait Amour |
|
7 |
At Amer, At El Hucine, At Uvava, At Akham Ufela, At Akham Buada, At Akham Ajdidh, At El Luafen, At Saadi Uamer |
Ait Amer, Ouameur, Benhocine |
|
8 |
At Amokrane |
|
|
9 |
At Amumene |
|
|
10 |
At Amruche |
Ait Amrouche |
|
11 |
At Ammar |
Ouammar |
|
12 |
At Antar |
Antar |
|
13 |
At Athmane |
Ait Athmane |
|
14 |
At Azuaou |
Azouaou |
|
15 |
At Belkacem |
Ait Belkacem |
|
16 |
At Benbuabdallah |
Benbouabdallah |
|
17 |
At Buras |
Bouras |
|
18 |
At Chaalal |
Ait Chaalal, Ouchaalal |
|
19 |
At Dahmane |
Ait Dahmane |
|
20 |
At Embarek
|
hadjadj |
|
21 |
At hadi |
Ait El hadi |
|
22 |
At L’Hadj |
Ouelhadj |
|
23 |
At El huari |
Houari |
|
24 |
At El Mokhtar |
Ait Mokhtar |
|
25 |
At El Mahdi |
Mahdi |
|
26 |
At El hami |
Hami |
|
27 |
At El hadj |
Ait El Hadj |
|
28 |
At H’Mitu |
Ait Hmitou |
|
29 |
At Ibrahim |
Ait Ibrahim |
|
30 |
At Kaci |
Ait Kaci |
|
31 |
At Kaki |
Ait Kaki |
|
32 |
At Kardache |
Kardache |
|
33 |
At Lakehal |
Lakehal |
|
34 |
At Lunis |
Ait Slimane |
|
35 |
At Mohand Ali |
Mohandali
|
|
36 |
At M’hamed |
Ouibrahim |
|
37 |
At Mohand Uali |
Ait Mohand Ouali |
|
38 |
At Mohamed |
Ait Mohamed |
|
39 |
At Mansur |
|
|
40 |
At Messaoud |
Ait Messaoud |
|
41 |
At Messaoud Umussa |
Benmoussa |
|
42 |
At Mokhnache |
Mokhnache |
|
43 |
At Mussa |
Ait Moussa Oumoussa |
|
44 |
At Umghar |
Ait Oumghar |
|
45 |
At Uahmed |
Ouahmed |
|
46 |
At Uamer |
Benamer |
|
47 |
At Uhazi |
Hazi |
|
|
|
|
|
48 |
At Wada |
Ait Ouada |
|
49 |
At Saad Uslimane |
Said Ouslimane |
|
50 |
At Si Abderrahmane |
Ait Si Abderrahmane Ait si Mohed Wahmed |
|
51 |
At Si Mohamed |
Ait Si Mohamed |
|
52 |
At Sidhum |
Sidhoume |
|
53 |
At Si Larbi |
Ait Si Larbi-Nordine |
|
54 |
At Si Maamar |
Ait Si Maamer |
|
55 |
At Slimane |
Benslimane |
|
56 |
At Tsafat |
Ait Kaki - Kaki |
|
57 |
At Yahia |
Ait Yahia |
|
58 |
At Yahiathene |
Ait Yahiathène |
|
59 |
At Yahia Uahmed |
Yahia Ouahmed |
|
60 |
At Yucef |
Ouyoucef, Ait Youcef |
|
61 |
At Yucef Ali |
Youcef Ali |
|
62 |
At Yunes |
Ait Younès, Ould Younès |
|
63 |
At Zaza |
Ait Abdelkader |
|
64 |
At Vava Ali |
Baba Ali |
|
65 |
At Ben Ali |
Aterkoui |
|
66 |
Ouahioune ( At Dahmane) |
Ouahioune |
.....................

Photo envoyée par Abdeslam Lakehal
les années 1950-1954
12/05/2009 16:55 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Les années 1950- 1954
1- La route (suite)
1-3- Tassawount (la côte) de Sidi M’hamed Larbi et la nouvelle poste (en construction) La nouvelle route est maintenant opérationnelle à la grande satisfaction de la population de tout le village. Désormais on peut ‘’embarquer’’ à partir de Tizi n’Boughoud (l’entrée du village). Quel progrès ! Surtout pour les malades et personnes âgées.
Mais pour les voitures de l’époque (il y en avait deux ou trois, pas plus) ‘’grimper’’ une partie très en pente de cette route, en contrebas du mausolée de Sidi M’hamed Larbi, (Tassawount n’Sidi M’hamed Larbi), une sorte de petit canyon, n’était pas chose toujours facile.
Chaque chauffeur avait ses petites astuces pour surmonter les difficultés et c’est ainsi que les uns invitaient leurs passagers à pousser la voiture en s’aidant de cales jusqu’au sommet de la pente , c’était le cas, par exemple, de notre première mais néanmoins vieille C4 , de couleur noire….
Certains allaient jusqu’au garage n’Ath Abdesslam pour permettre à la voiture de prendre un élan (inutile d’ailleurs) ; d’autres enfin tentaient de franchir l’obstacle en marche arrière (pour faire une traction avant)… . Et puis pas question de caler son moteur au beau milieu de la côte parce que pour redémarrer il fallait utiliser la manivelle (les voitures n’étaient pas encore équipées de démarreurs) et avoir un bon frein à main …. Sinon......
Toutes ces ‘’aventures’’ alimentaient la discussion au village et faisaient rigoler tout le monde.
Les années 1950 – 1954
10/05/2009 18:20 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Les années 1950 – 1954
1- La route « suite » 1-2- Un étrange phénomène (?)
Les villages de Bouadhnane , Ighil N'Sedha et de Ait Ali Ouharzoune
Les travaux tiraient à leur fin, certains petits problèmes « techniques » dont le déplacement de nombreuses tombes, étant résolus, tout ‘’baignait dans l’huile’’ quand, brusquement une nouvelle se répandit dans le village suscitant curiosité et interrogations…
De quoi s’agit-il ? De nombreux témoins auraient observé , en empruntant de nuit la nouvelle route , un phénomène étrange et intrigant : de petites flammes poursuivaient les passants et, surtout, si pris de panique , ces derniers se mettaient à courir …
Ces informations allaient ‘’alimenter’’ de nombreux commentaires et renforcer un peu plus les appréhensions qu’avaient certaines personnes à traverser de nuit les cimetières …. On se mit alors à parler de phénomène surnaturel, de la manifestation de la colère des morts…etc.
Les personnalités lettrées du village usèrent d’arguments de poids et de beaucoup de pédagogie pour expliquer , à certaines personnes crédules , le phénomène, tout à fait naturel , des feux follets .
« Feu follet : petite flamme légère et fugitive due à une émanation de gaz, spontanément combustible, produit de la décomposition de matières organiques et qui apparait principalement la nuit pendant les grandes chaleurs »
Les années 1950 - 1954
09/05/2009 20:45 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Les années 1950 - 1954

Da Ahmed Hazi (qu’il repose en paix)
Les faits marquants :
1- La route de Tizi n’Tassaft à Tizi n’Boughoud.
1-1- Fin 1950. Les travaux de construction de la « route » (plutôt une piste) sans bitume, tiraient à leur fin …….
Au village, les discussions tournaient surtout autour des petits problèmes techniques inhérents à cette « infrastructure » qui allait apporter le progrès …, et, comme dans tous les petits villages à travers le monde, chacun se sentait concerné et y allait de ses commentaires et avis ………
Le premier problème fut celui d’abord d’aplanir les difficultés liées au « déplacement » de nombreuses tombes, très anciennes certes, mais tout de même !…., et, en même temps, obtenir l’accord des propriétaires des quelques mètres carrés de terrain « rognés » par-ci par-là…. . Connaissant la mentalité de nos paysans, ce ne fut certainement pas chose facile …., mais finalement, tout se passa bien, intérêt général oblige …. A suivre
"Les interdits" , suite
07/05/2009 16:41 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
"Les interdits" , suite
Photo envoyée par Sabrina
Pour compléter la liste précédente, voici rapidement quelques ‘’ interdits’’ que d’aucuns trouveront peut être ridicules …….
1- Ighounane (premier lait d’une vache qui vient de vêler). Pendant sept jours, ce lait est consommé exclusivement par les membres de la famille (Tachebouate- pate au lait) et ce n’est qu’à partir du huitième jour qu’il est offert aux familles alliées ou amies. Cette ‘’coutume’’ que l’on retrouve un peu partout dans la haute Kabylie, serait, dit-on, destinée à éloigner le mauvais œil ….
2- Petits ‘’tabous’’ propres à chaque famille :
Par exemple : 1- Ath Ouhazi n’ont pas le ‘’droit’’ d’élever des chiots…
2- Ath Kaki, eux ne peuvent pas faire couver les poules ou bien élever des lapins.
3- Pour Ath Amer, il leur est interdit de planter des oignons …..etc.
Les Tabous (suite)
06/05/2009 16:17 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Les Tabous (suite)
Photo envoyée par Sabrina
Après ce bref voyage dans ‘’le passé ‘’ qui nous a permis de ‘’revivre’’, à travers les derniers articles, quelques unes « des épopées » de nos parents (Idhebalène , histoires de clans ), nous allons reprendre le dossier ‘’des tabous’’ pour l’enrichir dans la mesure du possible .
Auparavant, je tiens à lever toute équivoque, en précisant clairement, que l’objectif de notre blog n’est pas de faire la promotion ou l’apologie de ces interdits ni d’ailleurs de les rejeter …, chacun est libre d’exprimer ses opinions, mais il doit respecter celles des autres. Ce qui nous intéresse au plus haut point c’est la connaissance de toutes « ces pratiques »… pour mieux, peut être, comprendre et apprécier certains comportements de nos ancêtres…
