Une tragique partie de chasse

08/03/2010 18:41 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

Une tragique partie de chasse

Une ruelle   du village

                 Nous  sommes  à  la fin  des  années  1920 , au  village   . Un   homme , estimé pour sa bravoure et ses nombreuses autres qualités dont son franc-parler et son engagement sans failles pour les causes justes , marié à plusieurs femmes , peut-être malgré lui , dans l’espoir d’avoir , au moins , un descendant mâle,  n’eut , finalement, que des filles : Dehbia, Ouardia, Sekoura, Djoher,Aziza…… ...

       Cet homme , Aomer Ath Amrouche , lors  d ’une partie de chasse dans les nombreuses vallées de la région ,  fut  tué, accidentellement ,  par un chasseur    .

            La  suite  ?   le chasseur  fut  condamné  à  une  lourde  peine de prison    . Quant à son épouse, Dehbia At Ouhazi  ( la nièce de mon grand-père maternel , Rabah  Hazi ) , elle épousa , en secondes noces ,  un cousin,  Dda Chavane  Ath  Younes  et de cette  union naquirent deux filles , Ferroudja  et  Ouiza.   

Hommage à une grande Dame

28/02/2010 19:09 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

Hommage à une grande Dame

                                                    Par : N. H.

            Je profite de l’hospitalité offerte par notre blog pour rendre un vibrant hommage à une grande Dame de chez nous que nous avons tous adorée.

            Hadja Uezna At Younes (1910-1992), épouse Ussaada, est la troisième et dernière fille de Saïd At Yunes et de Tsouma At Kaci (QREP) . Elle fut une femme exceptionnelle, d’une bonté remarquable, toujours prête à aider son prochain  et à se sacrifier pour les autres. Elle a toujours pris  la vie du bon côté malgré les vicissitudes  plutôt rudes de l’existence ……

           Mariée à Boussaad At Ahmed (Ussaada) et après une brêve vie conjugale à Ain Fekroun, la revoilà au village , veuve à 28/30 ans , avec trois jeunes garçons à élever (Rabah, Hocine et Ahcène) …… N’étaient-ce sa volonté de fer (elle n’était pas la fille de Tsuma pour rien) et la position courageuse de ses frères , on l’aurait , sans doute , remariée , comme c’était la règle à l’époque ….., et, pour l'aider à subvenir aux besoins de ses enfants, on lui offrit une machine à coudre.

          Uezna At Yunes que tout le monde appréciait au village et dans toute la région , pour sa bonne humeur , son optimisme légendaire, mais aussi , pour les nombreux services qu’elle rendait , bien souvent gracieusement ….., fut tour à tour et en même temps ‘’sage- femme‘’ , couturière….. et  (tenez-vous bien !) maçon spécialiste en construction de cheminées …..

          Grande ‘’marcheuse’’ , elle aimait rendre visite à ses nombreuses amies dans les villages de la région , surtout à Tassaft Ouguemoune, chez At Bacha pour voir sa tante Fetta , la sœur de Said At Yunes….. et , n’oublions pas que la seconde épouse de son fils Hocine est de la famille At Hamuda (Tahemudatt)…. Enfants, nous gardons d’elle et de ses histoires fantastiques des souvenirs inoubliables. C’était elle, l’éternelle optimiste , qui disait constamment : « tout va bien , irvah  youfat »  . Repose en paix Hadja Uezna.

Appel à contribution

26/02/2010 16:42 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

Appel  à  contribution

                                                                            Hamid Youcef Ali

 

 

 

     Bonjour . Nous avons tous,  quelque soit notre parcours, quelque chose à apporter et, c’est certainement cette raison, qui m’incite  à faire cette intervention, plutôt un appel à contribution. Dans ce blog plusieurs sujets, tous intéressants  ont été abordés :

         

-         Les traditions  et les interdits ,

-        Des plats traditionnels ont été décrits et  "cuisinés" pour certains d'entre eux.

-        Les champs, les cimetières, les fontaines ....etc…

 

     En plus des sujets abordés qu'il faut enrichir, je propose de nous replonger dans le passé  avec de nouveaux thèmes qui  seront sûrement  utiles et instructifs comme par exemple :

 

-          La cartographie  du village avec les familles ou groupes de familles 

-          L’architecture, la conception des maisons, la distribution des espaces, la décoration,  l’utilisation des surfaces.....

-          Le mobilier de l’époque.

-          L’habillement, le tissage... etc…

 

     Le village a eu de grands Hommes  et dans plusieurs domaines. Il serait  bien de les faire connaître pour éviter ainsi de les voir tomber dans l’oubli.

 

     Evidemment chaque segment peut être un sujet de recherche  qui requiert  la contribution de tous. Chaque pierre est un pan de notre histoire, chaque élément  est un  repère  culturel et il nous appartient à chacun, sans exclusive,  d’apporter un élément de plus.  Je fais  appel aux personnes qui ont  des choses à dire et  qui sont une source d’informations pour nous faire partager leurs  connaissances.  Parfois on évoque  la  méconnaissance de l’outil informatique,  est-ce une raison ?

 

     Le blog a pris de l’ampleur et les sujets traités sont un peu éparpillés, je souhaiterais,  mon cher Hamid,  que tu  fasses des chapitres, si ce n’est pas trop demander.

Agraw nat Sidi Atman

23/02/2010 09:58 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

                          Agraw  nat  Sidi  Atman

    

            Le village nat Sidi Atman se trouve en face vers la montagne

            Les anciens s’en souviennent  certainement mais sûrement pas nos jeunes nés  « loin  du village » .Qu’est –ce  donc ce Agraw nat Sidi Atman ? 

            Au village nat Sidi Atman, aux Ouacifs , devant  le mausolée du saint wali du village, s’organise, chaque année et pendant trois jours consécutifs, une fête religieuse pour célébrer  le Mawlid    Ennabawi , avec  la participation de très nombreux villageois de la région. Aussi loin que remontent  mes souvenirs, Agraw  nat Sidi Atman  a toujours existé, sauf pendant les quelques années noires subies  par notre pays. Avis aux amateurs : cette année la fête est prévue pour mercredi, jeudi et vendredi  prochains. (Sous toutes   réserves)

            Au début des années 1950 il y avait si peu de distractions que cet événement était attendu avec impatience par tous les enfants et …. le jour  J ,  on partait  au petit matin, en groupes et à pied , accompagnés par une personne adulte de la famille ou du quartier.  A partir du tournant (virage) de Laaziq , un petit sentier  nous permettait de dévaler la pente jusqu’à la rivière ( Assif  nat Ali ou nat Ouacifs) pour ensuite  remonter, en tirant un peu la langue, vers Zaknoune  et le village nat Sidi Atman .

            Une fois sur les lieux et après avoir déposé  leur Wada (dons en espèces ou en nature), les grandes personnes se joignaient elles aussi à la fête qui se déroulait dans une ambiance festive où se mêlaient  la musique d’Idebalen  (troupe folklorique), les boniments des marchands  ambulants …. et  les cris de joie  des enfants qui dépensaient leurs petites pièces  dans l’achat de bonbons et de pétards  rudimentaires  qu’il fallait  lancer avec force  contre un mur pour les faire exploser ….    

            Et avant de reprendre le chemin du retour , tout le monde se devait de faire honneur  au succulent couscous servi dans de grands plats en bois  et offert par les membres de la famille du saint wali avec la collaboration des villageois .  

(1) Branche de Ahmed At Kaki (1843-1904) (suite et fin)

13/02/2010 11:04 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

(1) Branche de  Ahmed At Kaki (suite et fin)

  ·        4- Hadj Abdelkader  At Kaki (1929) + Kissa  At  Tsafat (1932) (avec 7enfants)

  ·        5- Abderrahmane  At  Kaki (1936) +  Roza  At  Azouaou (1948) avec 4 garçons

           ·     6- Ouiza  (1944) + Aomer  At  Lakehal (1939 …) avec 8 garçons 

 

arbre généalogique famille ait kaki

12/02/2010 17:37 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

                              (1) Branche de  Ahmed At Kaki (1843-1904)

         · Ahmed At Kaki (1843-1904) + 2 épouses  :

-1ere  épouse : Yemna At Aamour (sans enfants)

-2éme épouse :Djohra  ( yema Djo) At Tsafat (1870-1945) avec un  garçon (Merzouk).      

·        Hadj Merzouk At Kaki (1888-1969) + 3 épouses :

+ 1ére épouse : Ghenima  At Belkacem (1890-1910) sans enfants.

+ 2éme épouse : Tamazouzt (yema zou) At Belkacem (1908-1947)avec un garçon (Rachid At Kaki (1927-1930) . 

          (Remarque : Tamazouzt et  Ghenima At Belkacem sont des soeurs.)

     + 3éme épouse : Fatima At Slimane (1901-1981) avec 6 enfants:

     1-Ouezna At Kaki (1920-1942) + Hamou At Zaza (sans enfants)

     2- Dehbia (1924-1991) + Med Hocine At Zaza (1923-1961)

               (avec 7 enfants :  4 garçons et 3 filles)

 

                     3- Djoher (1927-1988) + Mouloud At Lakehal(1921-1958)

                      avec 3 enfants : 1 garçon et 2 filles.

Histoires du village (suite) Saïd At Yunes ( 1865-1915)

08/02/2010 08:54 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

           Histoires du village (suite)

Saïd At Yunes ( 1865-1915) 

Photographie 1952

             Profondément affecté par la mort tragique de Ali Ouramdane, Saïd At Yunes aurait eu des mots très durs à l’encontre de certains membres de sa famille mais, ce fut, tout de même, grâce à lui et à son beau-père qu’il n’y  eut  pas de poursuites.   Son épouse, Tsouma  At Kaci (voir page 39), lui donna deux garçons Ali  et Mohand Ouchaabane   et trois filles  Djoher, Malha et Ouezna (voir page 73).      

           On raconte : «  Nous sommes en 1915. A guer ihouna , la placette du village, c’est la fête avec Idebalene  ( troupe folklorique) pour célébrer le mariage d’un jeune de la famille At Sidi Larbi .Saïd At Yunes,  un homme hors du commun, parait –il , réunit autour de lui les jeunes gens de la famille, dont Moha At Ouhazi, pour leur enseigner  ‘ l’art ‘  de la danse traditionnelle  avec une arme à feu . On disait de lui qu’il était un danseur hors pair.

           La fête battait son plein, Idebalene, avec leurs instruments, jouaient les airs en vogue de l’époque pour ‘ emballer ’ les danseurs qui, eux, s’en donnaient à cœur joie ….. Tout donc  se déroulait dans une ambiance des grands jours …...lorsque, brusquement, après une salve de coups de feu tirés par les danseurs, Saïd At Yunes s’effondra, blessé à mort.   On n’a jamais su qui a commis l’irréparable, la famille ayant toujours préféré accréditer  la thèse de l’accident. Et encore une fois, l’affaire fut classée.  

          Le fils aîné de Saïd At Yunes, Ali (voir photo page 12), prénomma, comme le voulait la tradition, Saïd et Mohand Saïd  ses deux premiers garçons qui, malheureusement, ne vécurent pas longtemps …. , et superstition oblige,  il a fallu  attendre l’année 1939 pour voir ‘renaître’ le prénom  Saïd  chez At Yunes (le fils de Rabah  et de Smina At Youcef Ali)»     

Histoires du village (suite) Ali Uramdan At Yunes

04/02/2010 13:14 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

           Histoires du village (suite)

Ali Uramdan At Yunes

     

     Ali Ouramdane  At Younes  fut, dit-on, un homme exceptionnel, connu pour ses nombreuses qualités humaines et son élégance …. , ce qui ne manqua pas de susciter des jalousies jusque dans son entourage immédiat …

      Il est le fils de Fetta At Amer Ouali (et de  …  At younes  ) . Sa sœur, Ghenima At Younes, mariée chez At Slimane, est la grand-mère maternelle de Hadj Abdelkader et de Abderrahmane At Kaki. Son épouse, Aziza At Vetsi (Famille Zenine  des Beni Yenni ) était, raconte-t-on , une merveilleuse dame  à qui, malheureusement , on n’avait pas donné le temps d’avoir des enfants ……

      Un soir  de fête ( Ourar) chez les At Younes, probablement durant les premières années 1900 , toute la famille ( Laamoum , lekhwel ,  idhoulen , lahvev …., comme  dans la chanson )  était réunie pour célébrer un événement  heureux…. Les femmes, avec leurs  ‘’tambours’’ (imendouyer)  chantaient  et dansaient dans  ‘’la grande  salle’’ (akham) tandis  que   les  hommes , dans  la courette intérieure  de  la  maison , en faisaient autant     avec leurs fusils ….., aux coups  de fusils  répondaient les youyous, ….. c’était la joie mais, malheureusement, de courte durée, puisque, juste au moment où  Aziza At Vetsi entama ses premiers   pas de danse , Bélaid et Bézi , les fils de Yamina , assassinèrent , avec leurs fusils , Ali Ouramdane, leur cousin….

      La suite   ? La malheureuse Aziza  retourna  chez ses parents à Beni Yenni  et l’affaire, sur l’insistance des sages de la famille auprès du Caid Hadj Belkacem, le beau-père de Said   At  Younès , ….. fut étouffée.     

“ Ali Uramdane   a  taf thilt  nesveh  nat  yunes

Iruh  surar,  su vechqidh  idikh  nuness “       

Histoires du village (suite) Tamazouzt (n°1) At Kaki

01/02/2010 17:02 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

        Histoires du village (suite)

Tamazouzt (n°1) At Kaki

 

          Histoire vraie . Fin des années 1800. La saison des figues tire à sa fin et l’automne ne va pas tarder à s’installer avec ses perturbations climatiques…, raisons pour lesquelles , au village, on se dépêche de ‘’rentrer’’ les derniers fruits ….

         Yamina At Oulmokhtar (voir article précédent) et sa belle-sœur Tamazouzt At Kaki (la sœur de mon grand-père Amrane et l’épouse de Ramdane At Younès) se trouvaient justement au champ , à Ighzer  Ouherar, avec leurs hottes (iqechwalen) lorsqu’elles furent surprises par un orage subit et très violent.

        Elles se mirent rapidement à l’abri  derrière un talus (ayadhir) qui, malheureusement, ne résista pas longtemps à la force des trombes d’eau qui dévalaient de partout les pentes vers le ravin (ighzer)….et ce qui devait arriver arriva . Tamazouzt At Kaki  mourut noyée et Yamina en réchappa  parce qu’elle  eut la chance de s’être accrochée aux branches d’un arbre…

       « Ahemal  n south younes.   Ayeghzer  ouherar ,  maachi  aka  inena,          tebbouidh Tamazouzt , thedjidhd  Yamina…. »       

Histoires du village ( suite)

30/01/2010 08:52 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources

           Histoires du village ( suite)

Moha At Oulmokhtar

                             Le village d’Ighil Bouamas vu de chez nous.

 

         «  Taddert  nath Ali Ouharzoune. Ihervi-tsid  Oulmokhtar. L qedis  anecht ntez zeouzt.  Iswa-sen imeden lemrar… »

        «  Le village d’Ait Ali Ouharzoune . Oulmokhtar lui a  déclaré la guerre. Il n’était pas plus grand qu’un pilon (marteau)  mais il mena la vie dure aux gens … ».

        Qui donc était Moha  Oulmokhtar  ?

       On dit qu’il était du village  d’Ighil Bouamas  et Caïd (à vérifier). L’histoire, véridique, que nous allons lire aujourd’hui remonte aux années  1860-1870 et a été racontée par Tsouma At Kaci  à ses petits enfants.

       Mohamed (Moha) Oulmokhtar, complexé par sa très petite taille était craint pour ses réactions violentes et malveillantes.

       On raconte que la famille At Younes, s’était déplacée un jour, au village d’Ighil Bouamas, pour demander la main de Yamina, la fille de notre fameux Moha, après, bien sûr, les approches positives des femmes ….. et, durant les présentations et "souhaits de bienvenue" , les hommes des deux familles  échangèrent des mots pas toujours amènes :          

        Oulmokhtar : «   mouqleth wa nesvem, akham n  Moha Oulmokhtar maachi am et Oulvalli (une famille proche des At Younes mais sans descendance)… »

       At Younes :  “  At  Oulvalli  n’taddert  nagh,  isem n sen   moqer  am  taddert  n sen…”     

       Après ces échanges d’amabilités et des négociations  on scella  définitivement cette nouvelle alliance. Yamina donna la vie à deux garçons  Bélaid et Meziane (Bézi) At Younes.     A suivre.