Tiqqar à guer ihouna
24/05/2010 16:53 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Tiqqar à guer ihouna
A guer ihouna (notre placette du village) et partout ailleurs, se pratiquait jusqu’aux années 1950, un jeu bien particulier, par les jeunes hommes du village. Il s’agit de Tiqqar, un sport que l’on peut classer, sans risques, dans la catégorie des arts martiaux, … mais d’origine berbère.
Excellent exercice de préparation aux combats, tiqqar reste, tout de même, un jeu dangereux surtout lorsqu’il est pratiqué par des hommes forts et insuffisamment initiés. Pour les jeunes qui, peut être, ne savent pas à quoi ressemble ce sport violent, voici quelques indications : tiqqar signifie en langue berbère ruade. Comme je l’ai vu, personnellement, pratiqué à Tizi Boughoud, par quelques écoliers, ce jeu consiste, grosso modo, à se ruer sur son adversaire pour lui asséner, en visant la partie supérieure du corps, un coup avec un pied tout en pivotant sur l’autre (pied). Cela peut faire mal mais généralement sans conséquences sérieuses chez les jeunes.
On raconte que dans le temps, chaque village avait ses champions qui, régulièrement, participaient à des joutes, organisées dans la région et, semble –t- il, quelques uns de nos villageois étaient connus pour leur force et leur adresse … mais malheureusement, on dit aussi, que des accidents, avec de graves séquelles, n’étaient pas rares.
Tiqqar, ce sport de combat connu chez nous depuis des millénaires est, de nos jours, sorti de nos frontières puisque il est pratiqué dans plusieurs pays (une quarantaine), sous une forme moderne et avec une appellation nouvelle : « le KIDOKAN».
Guer Ihouna
18/05/2010 17:38 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Guer Ihouna
Guer ihouna (voir photo ci-dessus), ce modeste espace de quelques mètres carrés qui, des siècles durant, fut, entre autres, "le siège" des assemblées de la djemaa ... est dans un état qui fait mal au coeur. A mon humble avis, cette placette est, sans doute, l'endroit (le monument) du village le plus chargé de souvenirs ... Ah ! si les pierres pouvaient parler ....
Comme toutes les placettes de villages de la région, guer ihouna fut l'endroit indiqué pour toutes sortes de manifestations (Idhebalen , marché au céréales, réunions....)...et, en temps ordinaire, cet espace ( avec les ihouna de quartiers) était le lieu idéal où se retrouvaient nos villageois pour quelques moments de détente.
A Tajmait, on pouvait rencontrer un bon nombre de personnes, du simple d'esprit que les jeunes aimaient taquiner en passant par les beaux parleurs, les oisifs dont les occupations principales étaient de se tenir au courant de tous les potins du village, les joueurs de tiddess assis sur les dalles de pierres ... ( à suivre).
Une branche de l’arbre généalogique de la famille At Belkacem
15/05/2010 20:38 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Une branche de l’arbre généalogique de la famille At
Belkacem
Ouali At Belkacem
Remarque : Dda Ouali a épousé, en secondes noces, Joujou At Kaci, à la mort de sa première femme, Tamazouzt At Kaci, la fille de Hadj Belkacem et de Yacout At Ouhazi.
A- Ouali At Belkacem + Tamazouzt At Kaci (1872-1925)
2 filles et 2 garçons
1- Zaîna At Belkacem + Ahcène At Lhoucine ( Belhocine ):
trois enfants
1- Ramdane (Dda Vela) + Zazou At Kaki : une fille Smina Belhoucine
2- Torkia (Koukou) d.c.d en 1940 + Bouzid At Kaki.
3- Said + Torkia At Amer (Koukou At Ouvava) : Hocine – Mamou – Hamid – Zaina et Koukou Belhoucine.

Ramdane Belhocine ( 1915-1987) ( Dda Vela)

Zazou At Kaki et Koukou At Amer
Saïd At Lhoucine ( Belhoucine) Nna Koukou




Mina et Imène Belhoucine , les Petites filles de ma cousine Kissa

Hadj Mohand Ou M'hamed At Amer
2- Ouezna At Belkacem (1895 – 1981) + Amrane At Kaki :
5 garçons et 2 filles.
1- Torkia At Kaki (Koukou) + Med Ouchavane At Younès : 1 fille Taous At Younès .
2- Bouzid + 4 épouses : les enfants Rosa, Kissa , Karim, Fadila, Nora et Rachida At Kaki .
3- Mohamed + Fetta At Ouhazi : Abdelhamid At Kaki
4- Zazou + Ramdane (Dda Vela) : Smina Belhoucine
5- Amer + Ouiza At Belkacem : Djidjiga, Amrane , Ouezna, Abdelaziz, Nadia, Djazira, Abdellah et Hayet At Kaki .
6- Boukhalfa + Zazou At Belkacem : Ouarda , Hocine, Nordine et Dehbia At Kaki .
7- Madjid (Abdelhamid) + Zakia At Mohand Ouali : Abdelmalek, Fazia, Dalila, Hamza, Samir, Linda, Moussa, Zoubir et Karima At Kaki.

Hadja Ouezna At Belkacem et Boukhalfa At Kaki
3 - Mohand Ameziane At Belkacem + 2 épouses
1ere épouse : Sekoura At Aissa (Oucherif) : 1 fille, Zazou At Belkacem + Boukhalfa At Kaki
2ème épouse : Malha Belhocine : une fille Ferroudja At Belkacem + Hocine d’Ighil n Seda. Sans enfants
4 - Mohand Arab At Belkacem + Djedjia At Kaci :
5 garçons et 4 filles
Ouali (dcd jeune) , Abdelmadjid, Abdelhamid, Chafia, Abdelkader, Noura, Abdelhak, Louisa, Lila At Belakacem.
B- Ouali At Belkacem + Joujou At Kaci (morte en 1960):
trois filles
1- Malha At Belkacem + ……….. At Ahcène d’Ighil n Seda
2- Taous At Belkacem + …………. At Belkacem (une autre branche)
3- Zazi At Belkacem + Ramdane At Makhoukh d’Ighil n Seda
Remarque : Ces informations sont de Dehbia At Kaki
Les premières élections municipales
10/05/2010 18:57 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Les premières élections municipales
Comme pour chaque événement interne "important" mais qui ne met pas en danger la sécurité du village , les élections municipales des années 1940 "ont divisé" nos parents et grands parents en deux clans (çofs) . Cette division n'est pas le résultat d'une appartenance à des partis politiques différents mais (elle) est la conséquence, bien souvent, de petites rivalités entre villageois. D'ailleurs, dans ces cas , le clivage ne s'opère pas de manière individuelle mais plutôt par quartier entier.
Les élections approchent et deux clans se sont formés avec chacun son candidat. D'un côté At Ugni, At Khaled et At Harun avec Hadj Amer At Belkacem et de l'autre At Srour , At Salah, At Hsaiyen et At Naaman avec Amrane At Kardache …..
Cherchant à se mettre dans des conditions les plus favorables, pour gagner ces élections, chacun des deux clans , entame alors "ses grandes manœuvres " . Comme dans tous les petits villages, le nombre et les noms des électeurs n'étant un secret pour personne, autant mettre toutes les chances de son côté en n'oubliant personne , surtout qu'on parle déjà d'un nombre égal d'électeurs dans chaque camp....
On raconte :
_ "venir d'urgence, question de vie ou de mort " , voilà, par exemple, le genre de télégramme envoyé aux électeurs absents du village.......
_ Pour empêcher justement certains destinataires de ces télégrammes à se rendre au village, quelques petits malins ont essayé d'intercepter ces messages......
_ On dit aussi que les responsables de l'un des deux clans a payé un taxi pour aller , dans un petit patelin du Constantinois, chercher un électeur qui n'a pu être contacté normalement......
Finalement, les élections ont eu lieu et dans de bonnes conditions…., (voir commentaires de Amrane et Ahcène sur l'article précédent).

Document envoyé par Ahcène Kardache
Amrane At Kardache
05/05/2010 16:32 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Le dernier Lamine du village
Amrane At Kardache
Sur l’organisation administrative et politique traditionnelle qui gérait les affaires courantes du village, en maintenant intactes nos valeurs et traditions ancestrales avec le regretté Amrane At Kardache, le dernier lamine du village, vint "se greffer" ( ou se substituer ) la mise en place du premier centre municipal (un peu avant les années 1950). Après une campagne électorale animée et des élections honnêtes, agrémentées de petites histoires croustillantes …, Hadj Amer At Belkacem (QREP) fut élu maire , en battant d'une seule voix , son concurrent ,Amrane AT Kardache…. Hadj Amer , ce premier " maire" et ses adjoints...., avec Dda Ahmed Hazi, Mamou At Ahmed assurant les fonctions de secrétaire général et de garde champêtre…., ont accompli un travail considérable avec de nombreuses réalisations d’utilité publique comme, par exemple :
· La route Tizi n 'Tassaft – Tizi Boughoud,
· « Le stade » de Sidi Mhamed Larbi,
· L’école de Sidi Mhamed Larbi,
· L’électrification du village ……
Photos envoyées par Dahbia At Kaki d'Alger
01/05/2010 20:41 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Photos envoyées par Dahbia At Kaki d'Alger

Sekoura At Aissa (1908-1984), à gauche de la photo, est la fille de Na Hbia (Dehbia At Kaki). Mariée à Mohand Ameziane At Belkacem (1900-1944) le frère de notre grand-mère Hadja Ouezna, elle a donné la vie à Tamazouzt (Zazou) At Belkacem, l'épouse de Boukhalfa At Kaki et la mère de notre Dehbia d'Alger. Na Sekoura fut une Dame admirable qui a su, avec beaucoup de courage et d'abnégation, supporter (et faire supporter à son entourage) son handicap....... Qu'elle repose en paix !

Dehbia At Kaki (1880 - 1955), photo ci-dessus, est la fille de Arezki At Kaki et de Yasmine At Dahmane. elle est la soeur de mon grand-père hadj Amrane. Mariée à hadj Mohand Ameziane Oucherif (At Aissa), elle a eu 3 filles (Zazi, Sekoura et Ghenima) et 3 garçons (Ahmed, Arezki et Mohand Ouamer (Da Mamou At Aissa) ). Na Hbia était d'une gentillesse et d'une générosité sans limites (c'est le souvenir que je garde d'elle). Sa trés forte personnalité lui a permis de surmonter sa peine après la perte cruelle de ses deux garçons aînés (Ahmed et Arezki). Allah Yarhamha.
Le départ à la Mecque
01/05/2010 10:08 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Le départ à la Mecque

Hadj Amrane At Kaki et son épouse Hadja Ouezna At Belkacem avant l'embarquement vers les lieux saints de l'islam
(Photo des années 1963)
La liste de nos champs
30/04/2010 17:19 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
La liste de nos champs

Tanjil et Assrifel (nAmrane At Kaki) où jadis on allait chercher des figues fraiches (surtout Tabouzegakht) , des cerises, des glands .... et du bois de chauffage .
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Dénomination
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Propriétaires |
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1 Agadhir guighil |
Oucherif |
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2 Agherubil |
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3 Aguni arous |
Belhocine |
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4 Aguni Boulmane |
At Khaled |
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5 Aguni Laaziq |
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6 Aleghlough |
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7 Amalou nAt Lemsaoud |
At Kardache |
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8 Aqentar At Younes |
At Younes |
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9 Aqerou Ouguerfiw |
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10 Aregab At Atmane |
At Atmane |
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11 Assamer |
At Ouhazi |
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12 Asrifel |
At Kaki (Amrane) |
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13 Azemour Ihedaden |
At Kaci - At Challal |
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14 Azrou ntechradh |
At Haroun |
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15 El hed hemou |
At Kaki - At Belkacem - Ouled Younes |
| 16 Ighermassa | Ben Slimane |
| 17 Ighezer Baamoudh | Benmoussa |
| 18 Ighil At Belkacem |
At Belkacem |
| 19 Ighil At Kaki | At Kaki |
| 20 Ighil Boumdhouche | |
| 21 Ighil Boumdhoune | |
| 22 Ighil Imoula | At Kaki |
| 23 Ihessanen | At Younes - At Hami |
| 24 Ikheriven | At Younes |
| 25 Ikiren | At Younes |
| 26 Inesman | At Ouhazi (Ahmed) |
| 27 Lainser | At Younes |
| 28 Laqim | At Messaoud - At Mebarek |
| 29 Lemrafik | At Azouaou |
| 30 Laaziq | Benmoussa |
| 31 Sidavenser | |
| 32 Tachoucht | At Moussa |
| 33 Taferant | At Kaci - At Amer Ouali |
| 34 Tafirt | At Ouahmed |
| 35 Taghlit bouner | At Sidi Maamer |
| 36 Taguersift | At Belkacem |
| 37 Tala guemrabden | At Kaki (Merzouk) |
| 38 Tala Imdhren | At Ougni |
| 39 Tala Iourigh | |
| 40 Tala nBouzid | |
| 41 Tala nejniyed | At Younes - At Kaci |
| 42 Tala nYahia | |
| 43 Tala Tajdhit | |
| 44 Tala temloul | |
| 45 Taleghlought | At Kaci |
| 46 Tamazirt At Ahmed | Oussaada |
| 47 Tamazirt At Amrouche | At Amrouche |
| 48 Tamazirt At El Hocine | At Kaki (Merzouk) |
| 49 Tamazirt At Kaci | At Kaci |
| 50 Tamazirt At Sidi Larbi | Nourredine |
| 51 Tamazirt Lakoul | At Kaki (Amrane) |
| 52 Tamazirt At Yahia | Kardache |
| 53 Tamourt ntala | At Kaki - Ouchallal....... |
| 54 Tanjil | At Kaki (Amrane) |
| 55 Tavarourt | At Kardache (Ahcene) |
| 56 Thakathert | At Younes - At Mensour |
| 57 Thamsilt | At Kardache |
| 58 Thaterchith | At Younes |
| 59 Thiliwa | |
| 60 Tighediwin | At Ougni |
| 61 Tighrin | At El Hadj |
| 62 Tighroudja | At El Hadj |
| 63 Tihedjrets | At Kaci - At Challal |
| 64 Tijdhits (vers Tassaft) | At Youcef Ali |
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65 Timiser At Belkacem 66 Tissegouin
67 Tizgui (entre la tranchée et Sk Ldjemaa)
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At Belkacem At Younes At Kaki (Amrane) |
Ce tableau, sûrement incomplet a été réalisé avec le concours de Youcef At Younes. Il est à corriger et à compléter.
Tribune libre
27/04/2010 13:33 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Tribune libre
Ce nouveau « chapitre », qui s’ouvre symboliquement par une photographie de notre prestigieuse tajmait, se veut une tribune, un forum ou, très modestement, une tajmait, un espace de discussions et d’échanges de points de vue et d’informations sur des thèmes se rapportant à la vie passée, présente et future de notre village et de sa région.
Tous les sujets, sans exception, pourront être débattus librement dans le respect de nos valeurs et traditions comme, l’ont fait avant nous, nos grands parents et ancêtres. Fermez un instant les yeux et, par un effort rétrospectif sur notre passé commun, revoyez (ou imaginez) cette placette (gher ihouna) grouillante de monde avec, les jours de réunion, assis sur des banquettes en pierres recouvertes de dalles, les honorables Tamen, représentants des quartiers (Iderman) sous l’autorité bienveillante mais ferme de l’Amin du village, ouvrant les débats par l’une des formules consacrées :
“ lech ghal nta dart moq rith
Nouk ni nek red mech tou hith….”
(Les affaires du village sont sérieuses (grandes) et nous, ses enfants, sommes encore jeunes ….) Quelle modestie dans le discours de nos vieillards ! (à méditer)
Voilà, après cette brève introduction, je propose comme premier thème à débattre :
« L’organisation administrative traditionnelle du village, depuis les temps les plus reculés jusqu’au début des années 1950 » A vos plumes !
Ssendu
22/04/2010 17:01 par aitali-ouharzoune-retour-aux-sources
Ssendu

Taxsayt ussendu , ( Calebasse , baratte Kabyle)
Nos maisons traditionnelles étaient, généralement, composées d’une « grande » pièce commune ( axxam ) avec des espaces judicieusement aménagés ( adeinin, taarict, adukan, etc) et d’une ou deux chambres ( tighurfatin ) situées à l’étage … on y reviendra une autre fois .
Dans la pièce commune ( axxam) qui servait à la fois de salle à manger (parfois aussi de cuisine), de chambre à coucher la nuit .... avec toutes les utilités comme par exemple, un métier à tisser installé contre un mur, le kanun ( ou cheminée), tassebalt ( une jarre à eau ) … et, accrochés à l’aide de cordes aux poutres apparentes du plafond, le berceau ( espèce de nacelle circulaire avec deux arceaux ….) et une taxsayt ussendu ( une calebasse avec un bouchon en liège pour baratter la lait caillé ….
Assendu : le lait caillé est versé dans la calebasse préalablement lavée avec de l’eau fraîche et un tampon de lentisque (tidekt) pour la parfumer. Après cela, la maitresse de maison, ou l’une des ses belles filles, une fois bien installée, entame l’opération de barattage en se saisissant, des deux mains, du filet qui enserre la calebasse … La cadence du mouvement est rythmée par des chansons de circonstance (sorte de supplication ou prière) faisant l’éloge de la calebasse pour obtenir, avec l’aide de Dieu, un bon petit lait et une grosse motte de beurre blanc …
Remarque : notre artiste émérite IDIR dont la grand-mère maternelle est de la famille At Lunis de notre village, a su, avec sa fameuse chanson Assendu , sortir de l'oubli cette pratique ancestrale.
